Supervision qualité : l’exigence au cœur du nucléaire
Découvrez la vision de Sara M consultante chez setec kasadenn.
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De nos jours, la qualité est omniprésente dans notre quotidien ; que ce soit dans un environnement professionnel ou personnel. La qualité est au cœur des préoccupations lorsque l’on travaille dans l’environnement nucléaire. On pourrait se dire que c’est partout pareil. Mais, parce qu’il y a toujours un “mais” quelques part, les processus qualité doivent adopter un concept de sûreté des installations. Concrètement, c’est s’assurer que lors de sa mise en service, notre réacteur ne va pas émettre de radiations en dehors de ce qui est prévu (mieux pour la santé et l’environnement).
Pendant 7 ans, Sara M, consultante chez setec kasadenn a travaillé sur le chantier, destiné à devenir le premier de sa génération : l’EPR European Pressurized Reactor; réacteur à eau pressurisée. Pouvant produire jusqu’à 1650 MWe, contrairement à ses confrères plafonnant à 1450 MWe jusqu’ici. Qui dit nouvelle génération, dit nouveaux enjeux, nouvelles technologies et bien sûr adaptation des procédures de sécurité, de suivi et de qualité. Les intervenants se doivent de suivre toutes les procédures applicables, regroupées dans le plan d’assurance qualité.
L’assurance qualité, pour rappel, est l’ensemble des dispositions qui permet de vérifier que les services et / ou produits d’une organisation répondent aux normes de qualité souhaitées et attendues. Dans le nucléaire, on ne va pas pouvoir tester l’électricité comme lorsque l’on juge le goût d’une baguette de pain. La qualité ici va être évaluée sur toutes les étapes avant d’obtenir le produit fini (ici l’électricité).
Les installations nucléaires sont régies par l’arrêté INB, dont voici la définition officielle :
“Le présent arrêté fixe les règles générales applicables à la conception, la construction, le fonctionnement, la mise à l’arrêt définitif, le démantèlement, l’entretien et la surveillance des installations nucléaires de base, pour la protection des intérêts mentionnés à l’article L. 593-1 du code de l’environnement.
Leur application repose sur une approche proportionnée à l’importance des risques ou inconvénients présentés par l’installation. Elle prend en compte l’ensemble des aspects techniques et des facteurs organisationnels et humains pertinents.”
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000025338573
Ce texte sous-entend donc qu’à partir des premiers plans fournis par les ingénieurs, il va falloir apporter la preuve que les documents sont conformes, de la mise en place du chantier, au déploiement des équipements, de leurs mises en service, de leurs essais périodiques ainsi que de leur transfert.
Ces exigences et ces livrables sont transmis de manière obligatoire et transparente à l’Autorité de Sûreté Nucléaire, qui en juge la pertinence et si oui ou non les installations répondent aux exigences requises.
Concrètement, comment cela s’applique-t-il sur le chantier ? En qualité, le plus gros facteur de risques reste l’humain. Ne dit-on pas “l’erreur est humaine”? Afin de limiter un maximum ses impacts, des consignes sont mises en œuvre comme les pratiques de fiabilisation, les Dossier de Suivi d’Intervention accompagnés de leurs gammes et processus, ainsi que les services de surveillances. Plus l’intervention porte sur un équipement important pour assurer le principe de sûreté nucléaire, plus la surveillance sera élevée et exigeante. Les changements de statut du site ont également impacté les processus qualité et d’exécution.
Lors du démarrage du chantier, celui-ci était sous le décret 94 (relatifs aux lois et à l’encadrement de chantiers), puis est passé sous la “juridiction” de l’arrêté INB et d’un décret spécifique (relatif aux installations nucléaire). Les enjeux de sûreté ont donc été intégrés pleinement à l’ensemble des processus. Les mesures d’accès ainsi que les habilitations de tout intervenant sur les installations devaient répondre à la norme. Ces habilitations étaient donc vérifiées dans les services de surveillance de périodiquement et de manière individuelle pour les prestataires mais également les agents EDF. Selon le type d’habilitation non conforme, la personne ne pouvait plus aller travailler sur les installations ni vérifier les documents. Dans le milieu nucléaire, il est donc impératif de maintenir une qualité documentaire rigoureuse et transparente pour assurer la conformité des installations qui ont un enjeu de sécurité et de sûreté.
Aujourd’hui un autre défi nous attend. En effet, les études de faisabilité sont en cours pour le nouveau projet d’Orano – Aval Du Futur. En quoi cela va-t-il consister ? Nous avons déjà vu ce que l’arrêté INB encadrait, et bien ce projet ne fait pas exception. Il va s’agir de démanteler des anciennes installations ne répondant plus aux normes de sécurité et de sûreté afin d’en construire de nouvelles, tout en gardant un espace d’exploitation fonctionnel et en service. Le défi est de taille puisque toutes les “couches” de l’arrêté INB sont concernées avec chacune leurs contraintes.
Sara va intégrer les équipes du métier 30, relatives à la construction. Lorsque l’on évoque le métier 30, on fait ici référence aux équipes qui vont se charger de toute la phase construction des bâtiments. C’est par leur service que tout commence, leur base doit être solide pour que les autres corps de métier puissent intervenir. En étude de faisabilité, mes missions vont être d’accompagner les équipes afin de nous assurer que toutes les normes et les livrables qualité sont conformes dans les délais impartis. Ainsi, le projet gagne en confiance et en transparence. Pourquoi ?
Car des personnes sensibilisées dès le début aux démarches des procédures qualité et plus largement à l’assurance qualité font davantage de travaux conformes du “premier coup”. Il faudra aussi s’assurer que chaque nouvel arrivant sur ce projet soit sensibilisé au site et à ses contraintes. L’accompagnement et l’esprit d’équipe entrent en jeu afin de remplir nos objectifs. Les intervenants sur le projet seront mieux sensibilisés et pourront assurer une qualité de prestation en toute confiance que ce soit pour eux, l’entreprise mais aussi les particuliers. Une fois en phase réalisation, les enjeux seront doubles ; en effet, le maintien de la qualité de nos procédures devra être robuste du côté ingénierie mais aussi chantier et leur communication sera la clef pour achever ce projet de grande envergure ; tout en respectant les normes qualité.
La qualité nucléaire : une équation sans inconnue
Entre normes strictes, traçabilité absolue et enjeux humains, la supervision qualité en milieu nucléaire est un défi de chaque instant. Mais c’est aussi ce qui en fait une aventure collective, où chaque acteur — des ingénieurs aux prestataires — a un rôle clé à jouer.
En nucléaire, la qualité n’est pas une option. C’est une obligation — et une fierté.
Chez setec kasadenn, nous en faisons notre mission.
